Origine et récit du Nous

La toile se présente tel un récit suivi de quatorze tableaux se déroulant sur vingt deux mètres (L=22mxH=1,40m), peint à l’acrylique, à l’huile et parfois dessin au fusain fixé à l’acryl. Apport de jus de figue fraiche et de figues écartées fixées à l’acryl. Décembre 2007.

Quelques idées inspirant l’origine de l’oeuvre.

Au centre de cette peinture, l’irruption de l’actualité brûlante : l’édification du mur israélien, en Palestine, rappelle d’autres murs symboliques de la séparation des peuples et des personnes, renouvelle un épisode de ce mythe universel de la création.

Par ailleurs ma lecture des ouvrages * de la psychanalyste, Marie Balmary , m’a conduit vers une présentation iconographique du mythe dans un sens résolument nouveau. Voici les considérations qui ont fixé mon attention :
- L’humain Adam ne sort pas tout créé des mains divines : c’est dans sa découverte et sa relation à Eve qu’il va accéder non sans un chemin difficile à un début d’identité…
- Dans l’épisode de l’interdit ‘de manger de l’arbre du bon et mauvais connaître’ il s’agit de la loi fondamentale ordonnant une vraie union de l’homme et de la femme : « tu ne mangeras pas l’autre », l’autre n’est pas un objet de connaissance. Inconnu de l’autre.
- Cela concerne aussi la différenciation sexuelle, et l’acceptation de la non – toute- puissance.
- Le mauvais- connaître l’autre conduit à la mort.
- En ne reconnaissant pas Adam mais le dieu comme géniteur de Caïn, Eve engendre un meurtier. Eve est un Je sans Tu et sans Nous.
- La mise en parrallèle des deux textes d’annonciation -celle à Marie (Luc) et celle à Joseph(Mathieu)-est indispensable pour comprendre la nouveauté de la relation homme –femme dans la nouvelle alliance.. Quand naît Caïn , Eve dit :’jai gagné un homme avec Yahvé’, nous retrouvons le mythe du héros engendré par une mortelle avec un dieu (grec…) Prise dans la toute puissance, elle engendre un enfant qui va tuer(ou manger) son frère. -Ici , Joseph reconnaît la femme comme elle le reconnaît, dans la parole qui leur est dite : deux sujets sont advenus « sous l’ombre de l’Esprit ». De cette union naît un enfant qui sera un homme libérateur…
- Cette relation nouvelle s’exprime par un Je adressé à un Tu qui constituent le Nous. Jacques Cadet, Déc.2007

*Note : Le sacrifice interdit , Grasset 1986, La divine origine, Dieu n’a pas créé l’homme, Grasset 1993, et Abel ou le traversée de l’Eden ,Grasset 1999.

Descriptif ( et références bibliques) :

1. L’humain se reçoit des mains du créateur, et sitôt debout danse et pointe son index vers le jardin. Genèse 2,7-9

2. Entouré de lauriers , de vigne, d’olivier , figuier et pommier, il nomme l’oiseau qui se pose sur son doigt : « Serin Cini ». Gen.2,18-20

3. Une cigale sort de sa chrysalide. L’humain, esseulé, s’est assis. Il s’endort. Une femme est tirée de son côté .Il la nomme :Isha,(femme), née de Ish (l’homme). Gen.2,21-25

4. L’homme et la femme mangent de tous les fruits du jardin. Ici un pommier, arbre de vie. Plus loin, dans le sombre : le figuier aux fruits interdits. Gen.2,16-17.

5. Le serpent parle à l’oreille de la femme. Elle mange le fruit. Elle en donne à l’homme.Gen.3,1-6

6. Le décor s’assombrit ; lui et elle, de par et d’autre du serpent, honteux de leur nudité. Gen.3,7

7. Ils se cachent dans le feuillage du figuier.

8. L’homme accuse la femme qui accuse le serpent condamné à ramper et manger la poussière. Gen.3,8-15

9. Saut dans l’actualité : Le mur dressé en Palestine, une inscription : this wall is a shame (ce mur est une honte)

10. Une silhouette pantomime déconstruite, suivie de deux figures superposées. Dans la deuxième, un cartouche montre un meurtre. Gen.4,8

11. Sous un toit, à l’intérieur , un homme fait un songe : un vitrail et une femme portant en son sein un enfant, le tout soutenu par un oiseau. Mathieu 1,18-25 et Luc 1,26-38

12. Tandis que le serpent migre entre deux images, l’homme (JE) et la femme (TU) s’unissent dans le NOUS.

13. La femme enceinte écrase la tête du serpent. Gen. 3,15

14. De loin, le mur israélien abritant les colonies, serpente jusqu’au premier plan. Le dédale des blocs se fissure. Deux copains hissés sur le mur, agitent des rameaux d’olivier.

Jacques cadet , janvier 08





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